Après les tentatives d’extorsion de fonds de mon vendeur et du notaire coranique, l’incursion de voleurs dans ma maison, l’endommagement du quad et les menaces de mort de l’ancien propriétaire (cfr le numéro précédent), l’introduction de pas moins de cinq nouveaux dossiers administratifs ne va pas sans laisser de traces nerveuses…
Alors, tandis que Hafida développe à une allure impressionnante ses qualités de maitresse de maison d’hôtes, nous faisons un pari à long terme en misant sur son jeune frère, Morad, 14 ans. Après la sécheresse en début d’année, qui a causé la mort d’une bonne partie du troupeau, le papa Abdullah s’est résigné à vendre le reste de ses chèvres à vil prix. Et Morad, qui passait jusque là tout son temps à crapahuter dans la montagne pour garder les bêtes, s’est retrouvé désoeuvré....
Avec mon retour de France au Maroc, il me semble refermer un tome entier de mon existence pour ouvrir la page d’un nouveau livre, au dénouement totalement imprévisible. Mais n’est-ce pas l’essence même d’un bon ouvrage ? Alors que le dernier lion recensé dans le Haut Atlas disparaissait dans les années quarante en même temps qu’une flore plus abondante, la désertification semble encore avoir gagné du terrain : jamais auparavant je n’avais pu observer de troupeau important de dromadaires juste au pied des montagnes ...
Non, je ne rêve pas… A chaque coin de Taroudant, un paysan, assis à même le trottoir, attend un acheteur pour l’unique mouton qu’il est venu vendre en ces temps de fête musulmane. Le hasard du calendrier fait coïncider la fête du mouton avec notre Noël. A vous les dindes, à eux les agneaux !
A l’instar de nos préparatifs pour les réveillons de fin d’année, les Roudanais s’affairent dans la médina. A la recherche qui d’un nouveau tajine, qui d’un barbecue, qui de vêtements de fête, qui de cadeaux pour la famille et les amis...
Cet après-midi, pareil à un autre (mais qu’est-ce que je raconte, ce n’est jamais le cas !), pour étancher ma soif entre deux occupations, j’ai empoigné la bouteille d’eau pétillante qui traînait sur mon bureau, ai dévissé le bouchon et laissé couler une grosse lampée dans ma bouche desséchée. Ouf ! Il était temps…
Non, ouille plutôt ! Vous connaissez le destructeur de rouille ? J’en avais versé le matin même une bonne dose dans une bouteille vide pour la descendre à Taroudant…
Mon basculement total dans le monde berbère, évoqué dans le numéro précédent, a coïncidé avec l’absence de clients durant tout le mois de septembre. Autant vous dire que l’épreuve a frôlé celle de la mort subite… « Hors Circuit » : s’agit-il finalement du label de mes produits ou bien de ma propre condition ? je vous laisse conclure… moi, je sais déjà ! A coïncidé aussi avec le début du Ramadan. M’enfin, j’ai pour ma part continué à manger à ma faim, ce qui n’était pas le cas tout autour de moi !
3500 kilomètres de distance et 18 mois d’immersion berbère auront finalement eu raison de mon couple. Une nouvelle page de ma vie sentimentale est tournée, après celle de ma vie professionnelle.
Désormais ma vie est ancrée ici au Maroc et mon domicile perdu quelque part dans une oasis du Haut Atlas. Il s’agit de repenser mon avenir autrement : on oublie sécurité sociale et pension légale, on fait une croix sur le confort moderne.
Alors que les travaux prennent tournure pour l’aménagement de deux chambres supplémentaires avec salle de bain à ciel ouvert et âtre ainsi que de deux salles de bain privatives pour des chambres existantes, la vie dans notre propriété berbère d’Afensou devient progressivement plus paisible. L’ancien propriétaire, avec lequel nos démêlés ne sont sous doute pas finis, est de plus en plus isolé ...
Voici votre huitième numéro de cette newsletter. Comme la liste de distribution s’allonge de plus en plus, il n’est pas inutile de rappeler la vocation multiple de ce modeste magazine :
- faire connaître Hors Circuit au plus grand nombre, par le bouche à oreille
- vous tenir au courant du vécu de nos participants et des nouveaux développements dans nos activités
- vous faire découvrir, par bribes, un autre Maroc, celui qu’on adore ...
Ca y est ! Nous avons enfin réalisé nos premières ventes par internet. Référencé gratuitement depuis fin janvier sur des centaines de moteurs de recherche ainsi que de façon payante sur Google et sur le site du Guide du Routard, notre site www.hors-circuits-maroc.com connaît une fréquentation croissante. Avec les vacances d’avril, ce sont plusieurs dizaines d’offres qui ont été remises en réponse aux demandes